Tout a commencé sous la Loi sur les langues officielles.
Nous étions une équipe BI canadienne soumise aux exigences de publication bilingue du Canada. Chaque rapport, chaque tableau de bord, chaque libellé de mesure devait être livré en anglais et en français. Le bilinguisme n'était pas un plus, c'était une obligation légale.
Nous avons cherché la bonne solution pendant des mois.
Utilitaires open source, extensions payantes, scripts sur mesure. Nous avons tout essayé. Rien ne tenait à notre échelle : une grande équipe, des délais serrés, plusieurs analystes éditant le même rapport en même temps.
Nous ne voulions pas de deux rapports.
La solution de contournement évidente, maintenir un clone français de chaque rapport anglais, doublait la charge de maintenance du jour au lendemain. Chaque changement de visuel, chaque nouvelle mesure, chaque ajustement de KPI devait se faire deux fois. Nous l'avons rejetée.
Nous ne voulions pas non plus d'un processus manuel.
Un tableur partagé pour suivre les traductions du rapport. Fusionné à la main avant chaque déploiement. C'est un processus voué à casser pour une grande équipe. Nous l'avons rejeté aussi.
Il ne restait qu'une mauvaise option.
Concaténer les deux langues dans chaque texte du rapport. Chaque libellé devenant une longue chaîne « Sales | Ventes ». Laid, mais défendable.
Et aucun outil fiable du côté de Microsoft.
Power BI intègre les cultures et les tables de traduction directement dans le Tabular Object Model. La plomberie est là. Mais l'outillage natif de Microsoft s'arrête à « vous pouvez mettre des données dans ces tables », laissant les équipes se débrouiller pour éditer, valider et livrer les traductions à grande échelle. Nous l'avons attendu. Il n'est jamais venu.
Alors nous avons créé Daxlate.
Une application de bureau qui dialogue directement avec le modèle. Une grille qui affiche chaque culture côte à côte. Un aller-retour Excel pour les traducteurs qui ne vivent pas dans Power BI Desktop. Les fichiers PBIX contenant un modèle de données ne sont jamais écrasés à l'enregistrement, si bien qu'une écriture imprudente ne peut pas anéantir un trimestre de travail de localisation. Rien ne quitte la machine.
Où nous en sommes.
Daxlate couvre désormais les deux couches d'un rapport Power BI. Côté modèle sémantique : cultures, libellés, descriptions et hiérarchies. Et sur le rapport lui-même : titres de visuels, en-têtes, boutons et zones de texte, de sorte que le texte vu par vos lecteurs change aussi de langue, pas seulement le modèle de données en dessous.
Il reste une pièce de la vision complète à construire :
- Une CLI de premier ordre pour les pipelines CI/CD.
Nous y arriverons.